A l’heureuse initiative du quotidien « La Voix du Nord », plusieurs architectes Douaisiens ont présenté des projets de réaménagement de la Place d’Armes.
Aussi différents qu’ils puissent être, s’en dégageait une approche commune: la nécessité d’une véritable conception urbanistique de cette place, qui doit être, si la municipalité veut la faire revivre, globalement pensée et intégrée à la ville, et non simplement « toilettée » sans y apporter aucun supplément d’âme.
Dans un premier temps, le Maire de Douai avait semblé écouter les conseils désintéressés qui lui étaient ainsi gracieusement offerts, en prenant le temps de la réflexion…
Patatras! Chassez le naturel d’une longue tradition de pouvoir personnel, le voilà qui s’en revient au galop!
Dimanche 29 avril 2012, Jacques Vernier « répond » sans rire aux architectes qu’il « faut respecter l’œuvre d’art architecturale d’origine »… se déclarant même, au passage, « choqué qu’ils ne respectent pas le choix de l’un de leur collègue »…ajoutant le 11 mai 2012 qu’on « ne rase pas, on ne démolit pas, on ne reconstruit pas » (« La Voix du Nord », 14 mai 2012).
Curieusement, le même Jacques Vernier ne semble absolument pas « choqué » d’avoir à deux reprises défiguré la Place Carnot, ni désertifié la Place Saint Amé… Quand on voit la paille…
Quant au désert commercial dont se désolent les Douaisiens, un silence assourdissant leur « répond »…
* L’insécurité croissante constatée par les commerçants sur la Place d’Armes et ses alentours, qui contribue à faire fuir les clients (voir les propos de M. Bricard, patron de « La Civette », publiés par « La Voix du Nord » le 11 mai 2012) ? Rien à déclarer.
* La disparition des brasseries et cafés, remplacés par des commerces dépourvus d’attractivité ? A en croire Jacques Vernier, « c’est une transaction commerciale qui nous échappe complètement. La ville n’a pas le pouvoir de troquer un commerce pour un autre » (« La Voix du Nord », 29 avril 2012); « la ville n’a pas la maîtrise de l’évolution commerciale » (« La voix du Nord », 14 mai 2012).
Ce serait bien triste, en effet, et Jacques Vernier s’en trouverait pour le coup exonéré, si… l’article L214 - 1 du Code de l’Urbanisme ne disposait, dans sa rédaction du 22 mars 2012 : « Le conseil municipal peut, par délibération motivée, délimiter un périmètre de sauvegarde du commerce et de l'artisanat de proximité, à l'intérieur duquel sont soumises au droit de préemption institué par le présent chapitre les aliénations à titre onéreux de fonds artisanaux, de fonds de commerce ou de baux commerciaux. » ( lire: link ).
Et croyez-vous que M. le Maire de Douai, le même qui se désole de ne pouvoir contrôler les mutations commerciales, se soit empressé de mettre en œuvre un tel droit de préemption, dont la création remonte à 2007 (loi du 2 août 2005, décret du 26 décembre 2007) ? Que nenni! Alors même que le gouvernement que soutenait M. le Maire s’inquiétait des disparitions de surfaces commerciales, M. Vernier dormait sur ses deux oreilles, bien convaincu que la ville de Douai vivait d’une activité intense… On en voit le résultat 5 années plus tard!
Alors, incompétence, ou mauvaise foi?
On nous répondra, bien évidemment, que préempter un fonds de commerce coûte cher; on aura raison: mais qu’il nous soit permis de songer aux immeubles préemptés qu’on n’a pas utilisés des années plus tard, et à comparer leur coût avec les rentrées fiscales qu’offrirait une vie commerciale régénérée… (sans négliger le produit de la revente du fonds dans les deux ans, conformément à la loi, outre le produit d‘une éventuelle location-gérance). Et qu’il nous soit également permis de suggérer qu’après le matraquage fiscal opéré depuis quatre ans, il ne serait sans doute pas inutile que tous ces impôts servent à autre chose qu’à rembourser la dette dont on nous a lestés en toute inutilité!
La résurrection commerciale du centre-ville de Douai, préparée dans une large concertation entre professionnels de l’urbanisme, commerçants et habitants s’impose dès à présent comme l’une des questions-clefs du prochain scrutin municipal: l’amateurisme et l’entêtement nous ont coûté trop cher.
Faisons vivre Douai !
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