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    Notre récent article consacré à la future mosquée de Douai (Chroniques estivales, fin : la mosquée, désastre annoncé ? ) a provoqué de nombreuses réactions, tout autant chez les fidèles musulmans que dans le reste de la population Douaisienne.

 

Ces échanges ayant alimenté une réflexion que nous espérons fructueuse, nous sommes à présent en mesure de livrer nos propositions.

 

Rappelons-le, notre première critique de ce projet portait sur le fait que la municipalité de Douai y participait d'une façon contraire à la loi, puisqu'elle soutenait financièrement un culte en louant pour un montant symbolique un bâtiment acheté à l'Etat et doté d'une certaine valeur locative.

 

De ce point de vue, nous n'avons été contredits par personne, ceux-là même qui usaient du conditionnel pour rapporter nos propos s'étant bien gardés de consulter la jurisprudence sur laquelle nous nous fondions.

 

Au-delà de cette illégalité de principe, notre critique portait sur le fait qu'outre adopter une délibération illicite, la municipalité de Douai avait ainsi attisé des controverses entre fidèles musulmans. Sur ce sujet, les réponses ont été nombreuses, pour nous opposer la parfaite unité des fidèles musulmans, qui se sentiraient français de plein exercice -ce qu'ils sont, bien évidemment-, et auraient tout oublié d'éventuels différents nés des nationalités d'origine de leurs parents ou grands-parents. Disons-le franchement, nous n'avons été à cet égard que très partiellement convaincus: certes, les conflits entre algériens et marocains (conflit territorial et soutien algérien au Front Polisario) sont très éloignés des préoccupations des musulmans Douaisiens, fussent-ils issus de familles originaires de ces deux pays. Mais il semble bien qu'un sentiment national puisse subsister au-delà des générations, si l'on en juge par les cortèges sillonnant Douai chaque samedi à la sortie des mariages civils, agitant aux fenêtres des voitures des drapeaux qui sont rarement français.

 

Nous maintenons donc qu'il importe par dessus tout que la municipalité de Douai se tienne éloignée de tout ce qui pourrait ressembler à des faveurs faites non seulement à un culte plutôt qu'à un autre, mais aussi à certains fidèles d'un culte plutôt qu'à d'autres.

 

Ceci rappelé, que faire?

 

Après nous être entretenus avec des élus ainsi que des représentants du culte musulman, nous pensons que la solution la plus sage est tout simplement que la mairie sorte de ce projet en cédant à une association constituée à cette fin le bâtiment destiné à abriter la mosquée. L'administration des Domaines pourrait l'évaluer, en tenant évidemment compte de son très mauvais état, et le prix en serait payé de façon échelonnée. L'objectif n'est évidemment pas de réaliser un profit, mais de déterminer la valeur de la partie affectée à la mosquée dans l'ensemble immobilier acheté à l'Etat.

 

Le choix de vendre à une association constituée pour acquérir la mosquée plutôt qu'à l'association gérant la mosquée elle-même est fondé sur une double volonté :

 

- maintenir le bail tel qu'il a été adopté, ce qui rassurera sur le fait que le bâtiment sera bien utilisé à des fins religieuses et non pour une quelconque opération immobilière. Le maintien du bail en l'état pourra être mentionné dans l'acte de vente du bâtiment;

 

- offrir à tous les musulmans Douaisiens la garantie que l'association propriétaire sera bien l'émanation de la totalité de la communauté musulmans, quelle que soient les origines des fidèles. Il pourra en outre être stipulé que les membres de l'association propriétaire devront être résidents Douaiens, afin de rassurer les esprits critiques qui avaient relevé que le seul motif de créer une mosquée à Douai était de la destiner aux Douaisiens (plusieurs mosquées existent dans les communes voisines).

 

Ainsi pourrait se refermer bien vite une parenthèse malheureuse; en ces temps de crise, la priorité des acteurs de la vie publique doit demeurer en toute circonstance de rapprocher les Douaisiens plutôt que de les opposer. Y aurions-nous contribué que nous en serions heureux.

 

Franz Quatreboeufs.

 

 

PS: au cours de nos échanges, il nous a été signalé que la partie du bâtiment exclue du bail avait été vandalisée, que les vélux étaient brisés, et que l'eau ruisselait sur les planchers... On peut regretter que les services municipaux, qui ont dès le vote de la délibération apposé un grillage séparant les deux parties de l'ensemble immobilier, n'aient pas reçu mandat de mettre hors d'eau la partie subsistante... L'argent doit décidément couler à flots à Douai pour qu'on puisse ainsi le jeter, au sens propre, par les fenêtres!

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