Barack OBAMA est-il noir, ou bronzé ?
Alors qu’est retombée la fièvre Obamaniaque, le temps semble venu de présenter quelques réflexions plus sereines, on l’espère, que les cris enthousiastes qui ont salué l’élection du prochain Président Nord-américain.
1. Il arrive à l’Italien cardiaque de ne pas avoir tort...
Cet homme délicat qu’est le premier ministre Italien a, on le sait, salué l’élection d’un homme « jeune, beau et bronzé »... il s’agirait d’un compliment, à l’en croire.
Jeune, on peut le contester. Il a en effet 47 ans, soit exactement... 19 jours de plus que William Jefferson (dit Bill) Clinton lorsqu"il fut élu en 1993, et une année de moins que Valéry Giscard d’Estaing en 1974.
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| William Jefferson (dit Bill) Clinton –1993 - |
Beau, on ne saurait le dire, faute d’appétence particulière pour le genre masculin, sauf à noter qu’il a quelque peu les oreilles décollées, ce qu’on lui pardonne bien volontiers.
Mais bronzé, qu’en dire? Madame Sarkozy-Bruni Tedeschi, que l’on sait peu portée sur la pensée profonde, a réagi: « ça me fait drôle ». Parce que c’est vrai?
Il est en effet pour le moins étonnant d’entendre assurer avec enthousiasme que M. Obama, dont la mère est incontestablement un visage pâle, est noir et non métis, comme l’ont bien isolément relevé François Bayrou et... Jean-Marie Le Pen.
Si l’on se souvient bien, le postulat selon lequel une moitié prime sur l’autre n’a été historiquement posé que par... le Gouvernement de Vichy, selon lequel on était juif dès lors qu’on l’était à plus d’un quart. M. Sarközy de Nagy-Bocsa est donc hongrois, on nous l’avait celé.
2. L’alarmant refus du métissage.
On pourrait sourire de cette négation de la « blanchitude » du Président Nord-américain (faudra-t-il bientôt dire « white », tant cette couleur serait devenue gênante?), si l’on n’y sentait un attachement viscéral au communautarisme, y compris envers toute réalité « biologique ».
Si, justement, M. Obama nous est sympathique, c’est parce qu’il est métis: voila un homme qui peut sans peine se situer au-dessus de la mêlée raciale, sans se sentir obligé de tenir avec un camp contre un autre, ou, pire, sans se sentir contraint de se dédouaner envers la couleur qui ne serait pas la sienne: parce que justement il n’est ni noir ni blanc, mais les deux à la fois, il peut unir au lieu d’opposer.
D’ailleurs, M. Obama se sent-il plus noir que blanc ? A-t-il axé sa campagne sur une thématique colorisée? Interrogeons par exemple le révérend Jesse Jackson, militant de la cause noire aux Etats-Unis d’Amérique: que déclarait-il en juillet dernier sur l’antenne de « Fox News »?
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| Jesse Jackson |
Que, parce que M. Obama était « condescendant avec les noirs », il voulait... « lui couper les couilles ».
Ne nous y trompons pas: dans l’entêtement à faire de M. Obama un noir, se dissimule le communautarisme racial le plus étroit: il ne saurait y avoir de métissage, et seulement une coexistence de communauté dont le mélange serait quasi-profanatoire. Le journal « Le Monde » daté des 16/17 novembre 2008 (p. 18) le relève: seuls 2,5% de Nord-américains se définissent spontanément comme métis...
Ce modèle, soulignons-le, n’est pas, et ne doit pas être le nôtre. La France s’est construite sur le brassage des populations, et non la mise en esclavage d’une couleur par une autre: nous n’avons nul conflit de servitude à régler. La colonisation elle-même ne fut pas un esclavage, et encore moins sur notre sol.
3 . Un Obama Français?
C’est évidemment la tarte à la crème des media français: à quand notre Obama? Voila qui nécessite de poser clairement les bornes de la question. Qu’était le Sénateur Obama? Un métis issu d’une université prestigieuse (Columbia de New York), jeune et brillant, communicateur de génie, fervent protestant (nous y reviendrons), ayant récolté plus de 400 millions de dollars de fonds, contre... 170 pour le candidat républicain. On a certes avancé que les contributions modestes avaient été nombreuses pour M. Obama, émanant d’électeurs pauvres mais enthousiastes. Certes. Mais quelque chose permet de penser que ces 400 millions ne viennent pas uniquement d’Américains pauvres et noirs...
Certains observateurs avisés attribuent d’ailleurs le faible montant des contributions privées à la campagne Républicaines au caractère indépendant du candidat, qui, au Sénat, a souvent « fleurté » avec les démocrates, et vigoureusement lutté contre le lobbie du tabac...
M. Obama avait, face à lui, un candidat prestigieux, mais âgé, et secondé par une jeune femme dont l’expérience n’était pas la vertu cardinale: de nombreux électeurs ont ainsi craint qu’elle n’accédât à la Présidence en cours de mandat, en cas de décès brutal du titulaire... Lequel devait lui-même faire oublier sa proximité politique avec l’un des Présidents les plus calamiteux de l’histoire nord-américaine.
Un tel contexte est-il envisageable dans notre pays?
Songeons par exemple à un candidat relativement jeune (moins que M. Obama, certes), issu d’un père étranger (Européen, certes) et légionnaire, d’une mère elle-même à demi grecque et israélite, divorcé en premières noces d’une corse et époux en secondes d’une espagnole (à moitié tzigane de Moldavie par son père, Aaron Chouganov, fourreur, devenu André Ciganer) - avant d’épouser en troisième noces une italienne enfant adultérine, ayant fait des études peu brillantes en Faculté de Droit (et non au sein de la prestigieuse E.N.A., comme sa concurrente), et soutenu par de puissantes amitiés industrielles et médiatiques...
Certes, va-t-on me dire, mais M. Obama est bronzé, et c’est toute la différence.
Mais M. Obama a-t-il été élu parce qu’il était bronzé? Le révérend Jackson n’en jurerait pas. A-t-il été élu malgré son bronzage? La question est subtile, et mérite qu’on s’y arrête.
M. Obama aurait-il été élu s’il avait été noir? Rien de moins certain: candidat des noirs, il aurait effarouché les blancs. Aurait-il été élu s’il avait été musulman (son prénom qui signifie « béni » en langue arabe, est suivi de celui d’Hussein)? On peut craindre que non. Aurait-il même été élu s’il avait été athée comme son père, ou simplement agnostique comme sa mère? Les Etats-Unis d’Amérique ont-ils donc tant changé?
Qu’il nous soit permis de penser que M. Obama a été élu comme l’a été en son temps M. Clinton, pour des raisons similaires, en se heurtant d’ailleurs aux mêmes critiques, selon lesquelles son intelligence l’éloignerait des difficultés populaires. Avouons-le, les nord-américains ne détestent pas élire un imbécile.
Posons d’ailleurs une ultime question embarrassante: à choix égal entre noir et blanc, les électeurs noirs choisiraient-ils uniquement leur candidat en fonction de son programme?
Mais revenons à la France. Demi-hongrois, ce n’est point assez, nous dit-on. Les français seraient-ils disposés à élire Madame Ramatoulaye (dite Rama) Yade, épouse de M. Joseph Zimet? Et pourquoi pas? Voila une jeune femme bien née, dont les enfants sont ou seront métis, et dont l’intelligence n’est pas difficile à déceler. On lui a bien malheureusement confié un ministère « gadget », impuissant à masquer les revirements de son Président, hier adversaire des dictatures et aujourd’hui chinolâtre... Et elle est née en 1976, laissons-lui le temps de grandir.
Cessons donc de nous battre la coulpe, nous n’avons nulle leçon à recevoir de communautaristes effrénés.
4. M. Obama mènera-t-il une politique noire?
La question est idiote, et la réponse évidente: M. Obama mènera une politique nord-américaine, et démocrate: l’empire redeviendra aimable. C’est mieux.
Mais s’il ne s’agit que de réitérer la conduite de M. Clinton en version métisse, c’est beaucoup de bruit pour rien.
Et si, finalement, tout cet engouement n’était pas le pur produit d’un impérieux besoin de rêver?
Prenons cependant garde aux réveils parfois douloureux.…
5. Et pendant ce temps, nos parlementaires...
On se souvient qu’alors ministre de l’intérieur, notre métis magyar avait décidé de la refonte au 1er ja nvier 2009 des plaques d’immatriculations: l’échéance approchant, quelques parlementaires se sont déchaînés: on nous volait nos départements... on lut même qu’on nous priverait ainsi de quelques belles rencontres, générées par ce sympathique communautarisme départemental qui permet de se héler d’un vigoureux « chalut, biloute » aux confins du camping de Palavas les Flots...
Madame Alliot-Marie, elle-même Basque, n’a pas manqué d’être sensible à cette détresse identitaire: elle nous autorisera à faire figurer notre département sur nos plaques d’immatriculations. Et, pour faire bonne mesure, et puisqu’il s’agit d’amour, du département de notre choix.
Et voila que nos parlementaires se reprennent à pleurer! Leurs deux arguments valent le détour: d’une part, le chiffre sera trop petit pour être décelé en roulant (il faut aussi pouvoir se faire des appels de phare, s’envoyant dans le décor), et, d’autre part, si l’on peut choisir qui on aime, alors ce n’est plus du jeu!
Quelque chose nous dit que Madame Alliot-Marie, qui est intelligente (mais la basquitude ne suffit point à l’exogénéité) avait, précisément, parfaitement saisi ce dont il retournait... à permettre en effet de choisir, on se rendra vite à l’évidence: les départements, création artificielle déconnectée de toute réalité historique ou culturelle, ne représentent rien après 200 ans d’existence: quitte à les choisir, on les choisira estivaux, montagnards, ou snobs. Que deviendra le fameux 9-3 ?
Rions un peu: ces parlementaires acharnés à nous enchaîner publiquement à notre département ne seraient pas les mêmes opposés au fichier « Edvige », quand même ?
On le voit, si nos compatriotes goûtent le métissage, il reste du boulot du côté des élus...
Franz Quatreboeufs
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