Chers amis,
Après bien des échanges et des débats, le MoDem Douai a décidé de participer à l’équipe de Françoise Prouvost lors du prochain scrutin municipal.
En 2008, pour la première fois depuis l’élection de Jacques Vernier, une équipe Centriste indépendante s’était présentée aux suffrages des électeurs; malgré une campagne courte et de modestes moyens, 8,80 % des électeurs Douaisiens l’avaient soutenue.
Doit-on le rappeler, c’est cette liste qui a contraint Jacques Vernier à un ballottage pour la première fois depuis vingt ans, et non celle traditionnelle du Parti Socialiste comme aiment à le prétendre les commentateurs.
Ayant décidé de demeurer indépendants des deux grands blocs politiques Douaisiens, nous n’avons pu siéger au Conseil Municipal faute d’avoir fusionné au soir du premier tour. Pourtant, six ans plus tard, nous pouvons dire sans grand risque d’être contredits avoir été la seule force politique clairement opposante à l’action de Jacques Vernier depuis mars 2008. Nous aurions aimé entendre Frédéric Chéreau porter nos protestations au sein du Conseil où il dirigeait l’opposition officielle; nous ne l’avons malheureusement entendu dénoncer ni le matraquage fiscal opéré par Jacques Vernier dès sa réélection, ni les aberrations du tramway fantôme ou la lente agonie d’une partie des commerces du Centre-ville.
Aujourd’hui, une page se tourne, avec même une certaine élégance, le départ de Jacques Vernier s’annonçant sans regret apparent ni tentative inopportune de peser après son retrait. Pour notre part, nous considérons que s’il faut agir en politique avec des sentiments, il est stérile de s’y laisser conduire par des ressentiments: Jacques Vernier sur le départ, une ère nouvelle s’ouvre, qu’il appartient aux Douaisiens de bâtir réunis.
Pouvions-nous de nouveau constituer une liste? Nous ne l’avons pas cru, alors que 5 à 7 équipes s’annoncent concurrentes et ne laisseront aucun espoir de succès aux candidats que nous aurions pu présenter. Avec qui, dès lors, mener la bataille du redressement de notre ville?
Nous avons dialogué de façon régulière avec trois des groupes concurrents. Dès lors que nous désirions œuvrer de l’intérieur au renouveau de notre ville, après avoir mesuré bien malheureusement les limites de l’action extérieure, il nous a semblé indispensable de nous unir avec l’équipe qui nous semblait la plus à même de réunir les Douaisiens autour d’un projet fédérateur, qui ne soit pas uniquement le rejet de l’époque antérieure, aujourd’hui révolue.
Par une solidarité naturelle des oppositions et une sympathie personnelle ancienne et réciproque, Frédéric Chéreau m’a semblé de longue date l’allié le plus naturel. Ce n’est pourtant pas le choix qui fut finalement retenu.
Pourquoi? Peut-être, tout d’abord, et comme je le rappelais ci-dessus, parce qu’il s’est montré d’une bien timide opposition aux moments où nous songions à l’inverse qu’il fallait s’insurger tant au nom de la morale politique que de l’intérêt général de notre ville de Douai.
Mais aussi sans doute parce que nous pensons que le redressement de la ville demandera plusieurs années, et qu’il nous faudra pour ce faire élire un Maire à plein temps. Or, nous savons tous que Frédéric Chéreau sera élu député en 2017, dès le retrait de Marc Dolez, sauf à ce qu’un séisme politique se produise, ce qui lui imposera s’il est élu de quitter la mairie dans 3 ans, en application de la loi limitant le cumul des mandats électoraux.
Enfin, et malgré la chaleur humaine de nos contacts, car nous n’avons perçu qu’une timide ouverture au Centre, quand ce n’est pas une fermeture totale, comme l’illustre l’absence de tout représentant du Parti Radical de Gauche dans la liste qu’il conduit.
Restait pour autant à nous convaincre que Françoise Prouvost pouvait redresser notre ville avec efficacité, alors même qu’elle siège depuis 19 ans aux côtés de Jacques Vernier et n’a jamais témoigné d’aucune opposition aux décisions que nous dénonçons sans relâche depuis 6 ans.
Nos échanges avec Françoise Prouvost ont été clairs et francs, elle pourra en témoigner. Dès les premiers contacts, nous lui avons nettement indiqué privilégier dans tout accord celui portant sur des propositions concrètes à présenter aux Douaisiens, pour étudier ensuite seulement comment nous assurer de n’être pas immédiatement marginalisés dès le scrutin terminé.
Ce préalable ayant été accepté, nous avons pu aboutir à ce que les mesures qui nous semblaient les plus indispensables au relèvement de Douai soient effectivement et publiquement intégrées dans son projet, et forment ainsi le socle de notre accord de majorité; la présentation ultérieure de l’équipe que conduira Françoise Prouvost attestera de notre capacité à contribuer utilement à la réussite de l’œuvre de redressement de notre ville, tant appelé des vœux des Douaisiens.
Chacun mesurera combien ce choix a été difficile, tant il est contraire à toutes les attentes. Certains y verront la conséquence naturelle du rapprochement du MoDem et de l’UDI, négligeant le particularisme fort de la fédération Nord du Modem, dont la plupart des élus de villes importantes siègent aux côtés d’élus socialistes. Dans notre section du Douaisis elle-même, Laurent Desmons, qui conduit à Waziers la liste d’opposition au maire sortant PCF, a intégré plusieurs candidats clairement identifiés à Gauche dans son équipe.
La section MoDem du Douaisis, à l’image de la Fédération du Nord, demeure dans la ligne des principes fondateurs d’indépendance de notre mouvement, ainsi qu’à la formule consacrée « scrutin local, alliances locales »; j’ai moi-même, en ma qualité de vice-président de la fédération du Nord, co-signé tous les communiqués départementaux rappelant ces principes, et je n’en renie rien, bien au contraire: si nous sommes aujourd’hui alliés à Françoise Prouvost, c’est sur la base d’un accord local, et de l’assurance qu’il sera respecté.
Les grands chênes étouffent de leur ombrage les pousses les plus vigoureuses; qu’ils disparaissent, et la nature reprend ses droits, dans sa foison luxurieuse. Nous croyons que ceux qui observent jusqu’à ce jour un silence respectueux s’émanciperont demain pour former une équipe à la fois expérimentée et profondément renouvelée, incarnant l’image plurielle de notre ville.
Les plus anciens conseilleront les plus jeunes, et se rajeuniront de leur enthousiasme: le « petit souffle d’air frais » que nous appelions de nos vœux lors de la campagne de mars 2008 se fera grand bol d’air, et le printemps viendra.
Parce que nous avons foi en l’avenir de notre ville lorsque ses habitants réunissent leur énergie, qu’il nous semble que notre devoir d’état lui-même nous appelle à unir nos propres forces à celles de Douaisiens différents de nous mais riches de cette diversité, nous soutenons avec résolution la candidature de Françoise Prouvost: ensemble, nous faisons le pari de l’espérance.
Pourquoi, et pour quoi faire ?
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