C'est un bien curieux article que les lecteurs du quotidien local "La Voix du Nord" ont pu découvrir dans l'édition du 27 octobre 2014 sous le titre "Une pétition lancée contre l'implantation d'une antenne-relais rue de Cambrai à Douai.".
Lire l'article : link
Pour résumer les faits, une dame, prénommée "Brigitte" (l'article nous apprenant plus loin qu'il s'agit de Mme Carton), membre du Comité de son quartier, apprend à la lecture du compte-rendu du Conseil Municipal du mois de juillet 2014 qu'une antenne-relais sera édifiée par la société Orange sur le terrain des anciens ateliers municipaux. Cette antenne, d'une hauteur de 18 mètres, sera construite sur un terrain "accolé à son jardin", selon le quotidien local.
Pour mémoire, j'avais, lors du Conseil Municipal du 3 juillet 2014, interrogé M. le Maire à propos des risques sanitaires éventuels d'une telle opération (lire : link - point VI, Urbanisme Logement)
Mme Carton, en sa qualité de membre du Conseil de Quartier, demande aussitôt un rendez-vous à M. le Maire. Nous sommes le 4 octobre: le 27, jour de parution de l'article, elle n'a pu être reçue, M. Chéreau étant "trop occupé"... Ainsi, probablement, que ses 12 adjoints, 4 adjoints de quartier (dont celui chargé de la rue de Cambrai), et 15 Conseillers municipaux délégués à grands frais!
Plus embarrassant, si aucune réunion d'information n'a été organisée dans le quartier pour informer les habitants (et éventuellement les rassurer comme l'avait fait M. le Maire lorsque je l'ai moi-même interrogé en Conseil), c'est, aux dires de M. Chéreau, parce qu' "il n'y aurait eu aucune concertation mais une opposition pire et simple à ce projet. Or, nous voulons l'implantation de cette antenne".
On a bien lu, et même relu: si M. Chéreau n'a pas informé les habitants, c'est parce qu'ils n'auraient pas été d'accord. M. Chéreau a découvert là une méthode particulièrement efficace de désencombrer son agenda chargé: ne recevoir que les Douaisiens d'accord avec lui. Et comme selon toute probabilité ils ne pousseront pas la complaisance jusqu'à solliciter un rendez-vous pour lui rappeler combien ils l'aiment... il pourra couler des jours heureux dans son vaste bureau, débarrassé de tout visiteur importun.
Certes, in fine, M. Chéreau fait un effort, puisque la presse étant saisie il lui faut faire mine d'être ouvert au débat. Et quelle ouverture! Il se déclare disposé à recevoir les habitants concernés (voilà l'élue de quartier parfaitement informée de ses compétences: réunir des habitants pour demander un rendez-vous groupé qu'elle n'aura pu obtenir seule...), mais... "ce sera une réunion d'information et non pas de concertation"!
On a bien lu, lu encore, et même relu, tant on croyait avoir la berlue. Que M. Chéreau refuse de négocier le principe même de l'antenne, en raison des contraintes légales imposées aux communes, soit. Mais lorsque ce refus s'étend à la simple "concertation"...
... On songe, bien malheureusement, à un autre édifice public qui a ces jours derniers beaucoup fait couler d'encre et de salive, après avoir fait couler le sang: le Barrage du Sivens (réf. link). Comparaison n'est pas raison, bien entendu. Sauf que. Comme l'ont rappelé de nombreux commentateurs, ce qui a avant tout fait défaut dans le projet du Sivens comme dans celui du projet d'aéroport Nantais, est la concertation.
Etre élu, c'est assumer des responsabilités, y compris l'impopularité qui peut en découler. C'est imposer parfois des choix douloureux. Mais c'est aussi assumer ce préalable indispensable de l'échange avec les personnes concernées par les choix effectués. Faire taire la contradiction n'est rien d'autre qu'amorcer la violence de réactions qui ne peuvent plus qu'être brutales faute de toute possibilité de dialogue.
Chacun de nous connaît un couple divorcé. Chacun l'a appelé au dialogue. Chacun sait aussi combien ce dialogue conservé est souvent le dernier rempart à la violence. Et voilà qu'à l'époque de la médiation civile et pénale un élu vient crânement affirmer... qu'il est inutile de se concerter dès lors qu'on est d'avis divergents.
Et c'est le même Frédéric Chéreau qui reviendra nous asséner que ses coûteux Conseils de quartiers et leurs quatre adjoints rémunérés sont l'indispensable outil de son administration démocratique, moderne et vivante de notre commune?
Quelque chose me dit qu'à l'avenir Mme Carton l'écoutera mouliner ses belles phrases d'une oreille nouvellement formée à la langue de bois Chéralienne...
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